Le modèle réduit d'un professeur de Caen
Christophe Lemoine enseigne la technologie au collège de la Grâce-de-Dieu, rive droite.
Il est arrivé un mardi de février avec une boîte de pièces en contreplaqué de 3 mm, découpées à la main par ses élèves de quatrième et qui gondolaient toutes, et il voulait la même chose en plexiglas transparent, quinze exemplaires, pour un mécanisme d'engrenages qu'il montre chaque année devant deux classes.
Le bois de peuplier convient mal. Il boit l'humidité d'une salle de classe et travaille au bout de trois semaines. Nous avons repris son fichier, corrigé deux cotes qui se chevauchaient de 0,4 mm et lancé la découpe. Quinze plaques de 200 sur 150 mm, livrées le jeudi suivant.
Ce qui a compté, ici, c'est la régularité : quand on découpe dix ou quinze pièces identiques, la question n'est pas le dessin mais la répétabilité, et les élèves doivent pouvoir échanger leurs pièces sans que rien ne force, un besoin qui revient chez les enseignants, les étudiants en école d'ingénieurs et les animateurs de clubs de modélisme.
Ce type de demande tient dans un après-midi.
Deux fois sur trois, le fichier arrive en photo prise au téléphone. Là, nous redessinons.
L'atelier de cycles de la rue Saint-Pierre
Nadia Roussel tient un atelier de réparation de vélos rue Saint-Pierre, à deux pas du château, et elle voulait des plaques de cadre pour ses clients ainsi qu'une enseigne pour sa vitrine, avec une contrainte qu'elle a répétée deux fois pendant le rendez-vous.
Elle est venue avec un carnet de croquis. Personne ne doit confondre son atelier avec un magasin de vélos neufs. L'enseigne est partie en plexiglas de 5 mm, gravée en profondeur sur 1,2 mm, avec une couche de peinture blanche dans la gravure pour tenir la lumière du nord. Les plaques de cadre, elles, ont été tirées à trente exemplaires, format 60 sur 25 mm, percées de deux trous de 3 mm.
Nadia a fourni la liste des prénoms le 9 mars.
Nous avons livré le 21 mars, avant l'ouverture du salon du cycle de Caen, mais il a fallu recouper trois plaques parce qu'un prénom comportait un accent que son logiciel de saisie avait perdu, et ce genre de détail arrive constamment : il se règle en dix minutes, pas en dix jours.
Le travail sur mesure pour un commerce de proximité repose sur des séries courtes et des délais tenus. Rien de plus.
L'association de la Presqu'île
L'association des jardins partagés de la Presqu'île, quai de la Londe, voulait 140 étiquettes de plants, assez solides pour passer deux hivers dehors, et le bois brut ne tient pas là où l'acrylique gravé résiste.
Nous avons donc retenu de l'acrylique de 3 mm, gravure pleine face, format 80 sur 30 mm, avec un trou de 4 mm pour l'attache, ce qui laisse la plaque plate et lisible même après une saison de pluie et de gel.
Le devis est parti le 14 avril et la commande a été validée le 19. Les étiquettes ont été livrées par lots de vingt, sur cinq semaines, parce que l'association n'avait pas la trésorerie pour tout régler d'un coup. Nous travaillons souvent par tranches avec des structures associatives, sans frais supplémentaires.
Le point sensible n'était ni la découpe ni la gravure. C'était la liste.
Cent quarante noms de variétés de tomates, courges et haricots, dont certains écrits à la main et illisibles.
Sophie Bertrand a passé une heure au téléphone avec la trésorière pour tout reprendre, un temps qu'on ne facture pas mais qui décide de la réussite du lot.
À qui cela ne convient pas
Nous ne touchons pas aux véhicules. Aucune pièce de sécurité, aucun élément de carrosserie, aucun habillage intérieur de voiture ou de camion : si votre demande concerne un deux-roues immatriculé, elle ne nous concerne pas.
Sur un logement ou un local, nous ne touchons ni à l'installation électrique, ni au réseau d'alimentation, ni au bâti, qu'il s'agisse d'un plancher, d'une cloison, d'une toiture ou d'une menuiserie posée, et nous n'appliquons aucun produit phytosanitaire ni biocide, quel que soit le support.
Nous ne faisons pas de froid : pas de circuit de climatisation, pas de chambre froide.
Nous ne proposons ni conseil médical, ni conseil juridique, ni conseil financier, ni formation diplômante, et nous ne tenons aucun rôle d'expert-comptable.
Nous ne sommes pas non plus un service de réparation.
Une pièce cassée dont vous n'avez pas le plan, un objet ancien à recoller, un mécanisme à remettre en marche : nous ne le faisons pas. De même, nous ne produisons pas de pièces sous licence d'un constructeur, ni de copies d'objets protégés par un dessin ou un modèle déposé.
Un dernier point, qui fâche parfois : nous ne prenons pas de commandes de sécurité, qu'il s'agisse de gilets, de plaques d'immatriculation, de badges d'accès à un site ou d'insignes officiels, et nous refusons également tout marquage qui imite un document administratif. Camille Bernard, à l'administration, tranche ces questions en moins d'une journée, et la réponse est non dans la quasi-totalité des cas.
Reste ce que nous faisons bien : de la découpe et de la gravure sur acrylique et contreplaqué, pour des pièces, des objets et des marquages à faible volume. Cent quarante étiquettes, oui. Trois mille, non. Un prototype, oui. Un moule d'injection, non. Si votre projet se situe dans le premier camp, l'atelier du 153 avenue de Strasbourg vous reçoit du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30 et de 14h00 à 18h00, et le samedi sur rendez-vous. Julie Dubois fixe les créneaux au 02 06 06 25 62, et vous pouvez aussi écrire à [email protected] en joignant votre fichier, même approximatif.