Le premier coup de fil

Camille Bernard prend la ligne au 02 06 06 25 62 entre 9h30 et 12h30, puis de 14h00 à 18h00. Elle note trois choses : la matière souhaitée, les dimensions approximatives et l'usage prévu.

Une plaque de plexiglas pour un présentoir de bijoux ne se dessine pas comme un panneau de contreplaqué destiné à une enseigne de food-truck, et c'est précisément pour cela que cette première conversation dure rarement moins de dix minutes, parfois plus d'une demi-heure, sans qu'il s'agisse de bavardage : c'est là que se décide la faisabilité d'un projet avant qu'une seule ligne ne soit tracée sur un écran.

Une pièce de 4 mm d'épaisseur avec des lettres de 6 mm de haut passera sous la découpe laser. Une pièce de 15 mm avec les mêmes lettres ne passera pas.

Mieux vaut l'apprendre en six minutes qu'après trois heures de dessin. Sophie Bertrand, qui suit les travaux, le résume ainsi : « On ne peut pas graver fin sur du bois qui bouge. » Le bois bouge avec l'humidité de l'atelier, surtout entre novembre et mars, et une commande passée en janvier pour une pièce livrée en avril devra souvent être reprise.

Le samedi, Julie Dubois reçoit sur rendez-vous. Une visite dure vingt à trente minutes. La question de la matière se règle debout, devant la machine.

Le premier coup de fil

Ce qu'il faut apporter

Un dessin à main levée suffit pour commencer. Un fichier vectoriel — .svg, .dxf ou .ai — fait gagner un temps considérable. Entre les deux, il y a le scan d'un croquis, une photo prise au téléphone, ou les deux.

Sophie Bertrand préfère une photo nette prise à la verticale, avec une règle posée à côté de l'objet : cette règle évite les erreurs d'échelle qui coûtent une plaque entière, et une plaque de plexiglas de 600 x 400 mm se paie, même lorsqu'elle finit à la benne pour deux millimètres d'écart.

Pour une pièce qui doit s'emboîter dans une autre, il faut apporter l'autre pièce. Pas une photo. Pas une estimation. La pièce.

Un client de Cormelles-le-Royal avait commandé un cache en plexiglas de 3 mm d'épaisseur d'après un relevé au mètre ruban ; le cache flottait de 2 mm dans son logement. La reprise a pris une journée d'atelier.

Les dimensions s'écrivent en millimètres. Les tolérances aussi. Sur du contreplaqué de peuplier de 5,2 mm, une découpe varie de plus ou moins 0,2 mm selon le sens du fil ; sur du plexiglas coulé de 4 mm, la tolérance tombe sous 0,1 mm, mais le bord reste brillant. Le polissage se demande séparément. Pour une série, le premier exemplaire sert de test. On le coupe, on le pose, on regarde. Une série de trente porte-clés gravés pour l'office de tourisme de Caen prend deux jours ouvrés, pas une matinée.

Les délais, étape par étape

Après le premier échange, la maquette ou le fichier corrigé revient sous un à trois jours ouvrés. Ce délai dépend de la charge de l'atelier, pas de la complexité du dessin, parce qu'une ligne droite et une rosace fine passent par la même file d'attente, et que cette file se remplit au rythme des commandes reçues le lundi matin.

La validation du fichier par le client est l'étape qui bloque le plus souvent : sur dix dossiers, deux restent en attente une semaine parce que personne n'a confirmé, ni par courriel ni par téléphone.

La découpe elle-même prend de trente minutes à deux heures pour une pièce unique. Une pièce de signalétique de 800 x 300 mm en contreplaqué de bouleau de 12 mm demande environ quarante minutes de machine, plus le nettoyage des bords. La gravure d'un texte court sur une plaque de 100 x 100 mm prend huit à douze minutes. Le délai global, du premier appel à la pièce prête, tourne autour de quatre à six jours ouvrés. En décembre, il atteint dix jours.

Julie Dubois le dit au moment de la prise de rendez-vous, pas après.

Les pièces sont retirées à l'atelier, 153 avenue de Strasbourg. Une expédition est possible vers Bayeux ou Lisieux, avec un à deux jours de plus. Le créneau de retrait se cale du lundi au vendredi, entre 9h30 et 18h00, en dehors de la pause de midi.

L'argent, et quand on en parle

Le prix se discute après la validation du fichier, jamais avant. Un devis sur un croquis non chiffré serait faux de toute façon.

Camille Bernard établit le devis en général dans les vingt-quatre heures suivant cette validation, et il reste valable trente jours. Le montant dépend de trois choses : la surface de matière consommée, le temps de machine et le nombre de manipulations.

Une découpe simple de 200 x 300 mm en plexiglas de 3 mm se situe autour de 38 euros. La même en contreplaqué de 5 mm descend vers 24 euros. Un lot de vingt pièces identiques fait baisser le prix unitaire, mais pas proportionnellement, parce que la première pièce porte tout le réglage.

Le règlement se fait à la commande pour les particuliers, à la livraison pour les artisans et les entreprises déjà venus. Les chèques ne sont pas acceptés. Aucun acompte n'est demandé pour les pièces d'essai.

Si le projet change en cours de route, le devis est refait. Une modification de matière ou d'épaisseur en cours de découpe oblige à repartir du fichier. Le temps déjà passé en machine n'est pas récupérable.

Une journée type de mise au point

Prenons un mardi réel. À 10h15, un appel d'un menuisier de Fleury-sur-Orne qui veut dix-huit étiquettes gravées pour des meubles en chêne. À 11h00, le fichier arrive par courriel. À 14h30, Sophie Bertrand coupe un exemplaire d'essai en contreplaqué de 3 mm pour vérifier la lisibilité des lettres à hauteur réelle. À 15h10, le client valide après une photo envoyée au téléphone. À 16h00, les dix-huit pièces partent en découpe.

Le lendemain à 9h30, les pièces sont nettoyées, comptées et mises de côté. À 11h00, Camille Bernard appelle pour dire que tout est prêt. Le client passe le jeudi matin et repart avec son sachet.

Trente-six heures entre le premier coup de fil et la remise, pour une commande qui paraissait improvisée. Ce rythme n'est pas garanti.

Un fichier qui arrive en fin de journée décale tout d'un jour, et une matière manquante oblige à attendre la livraison, le fournisseur de plexiglas livrant le mardi et le vendredi uniquement. C'est une contrainte de stock, pas une promesse.