Découpe acrylique : 62 commandes suivies

Entre janvier et juin 2024, l'atelier a suivi 62 commandes de découpe acrylique. La mesure retenue était simple : la pièce est-elle conforme au plan du client, oui ou non, au premier passage sur la table. 58 pièces sur 62 l'étaient. Quatre ont dû être refaites, dont trois à cause d'un fichier envoyé en trait de 0,2 mm au lieu de 0,1 mm et une parce que le client avait inversé deux cotes sur son plan, ce qui nous a valu une heure de discussion au comptoir avant que tout le monde tombe d'accord sur la bonne version du dessin.

L'épaisseur joue davantage que le dessin.

Sur du 3 mm, le trait au laser reste net et les cotes tiennent. Sur du 10 mm, la coupe s'élargit en bas et une pièce prévue pour s'emboîter serré demande une reprise. Un client de Mondeville, menuisier de son état, a rapporté six plaques de 10 mm parce que ses tenons flottaient d'un demi-millimètre. Nous avons retouché le tracé et refait les six. Il n'a rien payé pour la reprise. Sophie Bertrand, qui pilote la découpe, note la vitesse et la puissance sur un carnet papier. Ce carnet existe parce qu'un réglage perdu coûte une heure de tâtonnement.

Toutes les matières ne se valent pas. L'acrylique coulé se coupe proprement, l'extrudé fait des bavures et sent plus fort. Le plywood de peuplier tient bien sur 4 mm, mais un panneau de 18 mm acheté chez un fournisseur de la zone de Carpiquet s'est délité sur trois essais d'affilée. Nous l'avons signalé au client, qui a changé de stock. Le laser n'y était pour rien, et sur l'acrylique transparent de 5 mm, le réglage qui fonctionne depuis mars 2023 reste 18 mm/s à 70 % de puissance : en dessous de 14 mm/s le bord blanchit, au-dessus de 22 mm/s la coupe ne traverse pas.

Découpe acrylique : 62 commandes suivies

Gravure sur plywood : ce qui a résisté

Pour la gravure, la mesure change. On regarde si le motif reste lisible après usage normal, pas seulement à la sortie de la machine. Entre septembre 2023 et août 2024, l'atelier a gravé 141 plaques de plywood de 4 mm, destinées à des enseignes intérieures, des plaques de porte et des cadeaux, et 121 étaient encore nettes après six mois. Les 20 autres avaient pâli. Le coupable est presque toujours le même : une exposition directe au soleil derrière une vitrine.

Une boutique de la rue Saint-Pierre avait commandé douze plaques pour sa vitrine. Au bout de cinq mois, les trois plus exposées au sud avaient viré au beige clair. Les gravures plus profondes, elles, ont tenu.

La profondeur compte plus que le bois. Julie Dubois, qui prend les rendez-vous, prévient désormais les clients qui parlent d'extérieur. Le plywood gravé n'est pas fait pour la pluie. Une plaque posée sous un auvent à Ifs a tenu deux hivers sans bouger. La même, sans protection, se gondole en une saison.

Les cadeaux personnalisés représentent une part à part.

Sur 47 commandes de ce type entre janvier et juin 2024, 41 ont été livrées dans les cinq jours ouvrés annoncés. Six ont pris plus de temps, dont deux à cause d'un fichier fourni en basse résolution qu'il a fallu redessiner à la main, deux parce que le client a changé d'avis sur le texte après validation, et deux pour des raisons de stock de plaque. La personne au comptoir avait prévenu : une image de 200 pixels ne devient pas une gravure fine.

Délais réels, du bon de commande à la remise

Les délais affichés sont de cinq à dix jours ouvrés selon la charge. Sur le premier semestre 2024, la moyenne réelle s'est établie à 7,4 jours ouvrés. La médiane, plus honnête, est de 6 jours. Le mois de mai a été le plus lent, avec une moyenne de 11,2 jours : deux machines, un pont, et des jours fériés mal placés.

Ce qui allonge un délai, dans l'ordre : un fichier à reprendre, une matière que nous n'avons pas en stock, une validation qui traîne.

Une cliente de la rue de Bras a mis neuf jours à valider un tracé de logo. La découpe a pris deux heures. Le dossier a donc duré onze jours. Ce qui ne l'allonge pas : la complexité du dessin. Une pièce à trente trous ne prend pas plus de temps qu'une pièce à trois, une fois le fichier propre. C'est la préparation qui coûte, pas la coupe. Un habitué de la Presqu'île le sait et envoie toujours ses fichiers en DXF, ce qui lui évite les allers-retours et nous évite de redessiner sous la lampe.

Ce qui a raté, et pourquoi

En février 2024, une commande de 200 porte-clés en acrylique de 3 mm a été livrée avec un décalage de 0,4 mm sur le perçage. Le client, une association de Hérouville, ne l'a pas signalé tout de suite. Quand il l'a fait, dix jours plus tard, 80 pièces étaient déjà montées. Nous avons refait les 120 restantes et fourni un gabarit de perçage pour rattraper les autres. Personne n'a été facturé pour cette erreur.

Un autre dossier a mal tourné pour une raison bête : la livraison.

Un colis parti vers un atelier de Vire a été livré avec deux jours de retard par le transporteur. Le client a attendu. La découpe, elle, était prête à l'heure. Ces ratés ne sont pas cachés. Camille Bernard tient un tableau des reprises, une ligne par incident, avec la cause, et en 2024, 9 % des commandes ont demandé une reprise, dont la moitié pour des fichiers fournis par les clients eux-mêmes. La fourchette ne bouge pas beaucoup d'une année sur l'autre, et elle ne baissera pas tant que les fichiers arriveront en JPEG.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Un carnet ne remplace pas un devis. Les mesures ci-dessus portent sur des commandes réellement passées à l'atelier, entre 2023 et 2024, et sur rien d'autre. Elles ne prédisent pas ce que donnera votre fichier. Un trait mal fermé, une épaisseur mal choisie, et le résultat change.

L'atelier travaille l'acrylique et le plywood. Il ne touche ni aux véhicules, ni aux circuits électriques, ni au froid, ni au bâti, ni aux produits de traitement. Ces demandes arrivent parfois. Elles sont renvoyées vers d'autres métiers, avec un nom quand nous en avons un à donner.

Pour un projet précis, le mieux reste de passer. L'atelier ouvre du lundi au vendredi, 9h30 - 12h30 et 14h00 - 18h00, et le samedi sur rendez-vous. Le téléphone est le 02 06 06 25 62. Un dessin sur un coin de nappe suffit souvent à démarrer la conversation.